Intelligence artificielle : où en sommes-nous ?

intelligence artificielle:
Où en sommes-nous?

 

 

Où en sommes-nous de l’intelligence artificielle ?

Et bien… j’aimerais bien le savoir !
Et bien peu d’entre nous le savent.

Pourquoi ?
Pour de multiples raisons.

La première d’entre-elles tient au fait que les recherches sur l’intelligence artificielle ont été très rapidement financées par les Etats visant au déploiement de solutions tenant à la défense et à la sécurité des pays. Difficile, dès lors, d’obtenir une information claire sur l’état d’avancement des projets et recherches engagées dans ce cadre. L’enjeu politique et sécuritaire de celles-ci est majeur, la comparaison étant par exemple souvent faite avec le développement de la puissance nucléaire des Etats.

La seconde tient aux enjeux économiques qui entourent ces recherches.
Les sociétés commerciales qui les financent aujourd’hui à coups de milliards, se livrent une guerre sans merci au centre de laquelle le secret est bien entendu une des composantes essentielles de la préservation de leurs intérêts économiques. Cela n’a rien de nouveau.

La troisième tient du fantasme qui entoure ce secteur. Comme on ignore en grande partie où en sont ces recherches et sur quels développements et applications pratiques travaillent actuellement les scientifiques de ce monde (que ce soit au profit des états ou des majors industrielles et commerciales), les fantasmes sur le sujet vont bon train.
Par exemple : L’intelligence artificielle serait déjà arrivée à un stade où les hommes eux-mêmes seraient dépassés par les machines, pour certaines déjà devenues incontrôlables… Certaines seraient ainsi déjà capables de créer leur propre langage pour pouvoir échanger entre-elles, dans le but de rendre ces échanges incompréhensibles pour un tiers et même pour leurs concepteurs. Les chercheurs ne maîtriseraient déjà plus la puissance de leurs algorithmes. Etc…
Mais Saint-Thomas est dans les murs et demande à voir…

L’intelligence artificielle est donc parvenue à un stade de développement très mystérieux mais ouvre également des sujets de réflexion infinis et passionnants.

Qu’est-ce que l’intelligence ? Les machines peuvent-elles la reproduire ? L’intelligence n’est qu’une question de données, de statistiques et de processus chimique, peut-être ? Mais n’est-ce vraiment que cela ? Un algorithme pourra-t-il reproduire de l’intelligence ?

Il est certain que l’intelligence artificielle … n’est justement pas intelligente, au stade de développement auquel elle semble être. Il est également certain qu’elle n’a pas pour simple vocation à développer des robots. L’intelligence artificielle est tournée vers la compréhension et la reproduction des processus cognitifs de l’homme et il semble que nous en soyons encore loin.

Les questions qui se posent, alors : Puisque les algorithmes sont intégrés à des machines, à partir de quel seuil peut-on légitimement prétendre qu’une machine serait « intelligente », autonome et pourrait prendre seule des décisions ? Quels sont les cadres moraux et éthiques qui entoureront ces prises de décision ? L’algorithme sera-t-il à même de faire évoluer seul ces cadres éthiques et moraux ? Pourra-t-il, à terme, outrepasser les limites qui lui avaient été fixées ?

Pour celles et ceux d’entre-nous qui sont juristes, ces questions s’inscrivent dans le cadre de la redéfinition éventuelle du sujet de droit (la machine autonome « intelligente » devient-elle sujet de droit avec les conséquences que cela implique en terme de patrimoine, de responsabilité, …), de la réflexion autour de la création d’un statut propre aux robots abritant cette intelligence artificielle, de la définition du transhumanisme ou de l’homme augmenté et de la frontière entre l’homme et le « robot intelligent », de l’intégration des robots et de l’intelligence artificielle dans les services publics de la défense, de la police intérieure ou de la justice, etc. Pourrions-nous, à terme, être mieux défendus ou jugés par des « robots intelligents » que par des hommes ? Cette justice serait-elle plus juste ? Quid de l’équité ?

J’ai découvert ce qu’est un abîme de réflexion.

Pour conclure ce premier billet sur le sujet (il y en aura d’autres), la question de la protection de notre vie privée et de nos données est définitivement centrale dans ces perspectives qui s’ouvrent et autour desquelles nous devons nous mobiliser, car c’est bien notre modèle social qui est en jeu.

Laetitia Rigault
(à la sortie d’une première formation de 3 jours sur l’Intelligence Artificielle)

 

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